Perles du Japon


Les évaporés du Japon à la loupe dans XXI
5 mai 2009, 16:27
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Couverture de XXI (n°6)A ne pas manquer dans la revue XXI sortie ce mois-ci, l’excellent reportage de Léna Mauger sur les “évaporés du Japon”, ces Japonais qui ont décidé sans crier gare de disparaître de la circulation. Pour fuir leur passé et/ou leurs créanciers… Une drôle d’histoire bien racontée par la journaliste partie à la recherche des ces fugitifs dans les bains de la région du Mont Fuji – connus pour être visités par les fameux “évaporés” venus s’y purifier.

XXI, n°6 avril 2009, trimestriel.



Insensées photographies du Japon
9 avril 2009, 02:00
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Couverture L'insensé n°2Le Japon, c’est “ce mouvement non stop, ces émotions contradictoires, des choses laides, et puis l’étincelle du sublime“.  Voilà qui explique l’intérêt de L’Insensé pour l’archipel: cette revue consacrée à la photographie qui paraît une fois par an braquait en 2002 son objectif sur le Japon. 130 pages au format 37X27 de clichés de photographes japonais, un cocktail détonnant de photographies de tous genres, de toutes les époques.

L’archipel est “probablement la plus grande source mondiale d’inspiration dans les domaines artistiques“, annonce d’emblée l’édito. La “Shibuya girl” bronzée à l’excès et au mini short californien (Yoichi Nagano) surgit après une série de photos du Japon rural des années 60 (Eisuke Shimauchi). D’une page à l’autre, on fait un bond de 40 ans, entre des enfants d’un village à l’écoute d’un conteur en 1960 et les jeunes Japonais excentriques – cheveux verts fluos et talons hauts – des année 2000.

On retrouve des photos du célèbre Shoji Ueda(1913-2000), la série de clichés de Tatsumi Orimoto de vieilles femmes japonaises (dont la fameuse “Small mama + Big shoes” où la mère du photographe pose dans des énormes chaussures en papier mâché), ou encore des photos de Hiromix, la jeune photographe tokyoïte à la mode.

Un voyage esthétique intéressant, souvent drôle, au pays où les appareils photos sont rois.

L’Insensé, n°2, 16 euros, Editions du regard, 2002.



Les cerisiers pressés de fleurir cette année
30 mars 2009, 13:41
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Cerisiers en fleurs

C’est le printemps, les oiseaux chantent, les premiers rayons de soleil réchauffent les coeurs, et on tombe les écharpes – en attendant la chemise. Au Japon, c’est une période très attendue, celle des cerisiers en fleurs et de l’hanami.

L’hanami (花見), c’est la contemplation des fleurs (les kanjis hana – la fleur – et mi -regarder), activité affectionnée par les Japonais, qui célèbrent l’arrivée du printemps en allant pique-niquer en famille sous les cerisiers en fleurs.

Les cerisiers (sakura) sont des arbres très appréciés dans l’archipel, à tel point qu’on les trouve partout: dans les gâteaux (les sakura mochi), dans les publicités, sur les assiettes. kimonos… C’est aussi un prénom féminin assez répandu.

Les sakura, symboles de la beauté éphémère, ont inspiré peintres, musiciens et poètes japonais, et le haiku, poème court autour de l’écoulement du temps, s’est donc logiquement particulièrement approprié ce thème.

La chanson Sakura Sakura (ici reprise version J Pop), est une chanson traditionnelle initialement jouée à la flûte, très connue au Japon. Et puis, il y a bien sur les innombrables groupes de J Pop qui chantent les sakura.

Beaucoup d’estampes représentent la floraison des cerisiers.

Estampe d'Hokusai, cerisers en fleurs

Estampe d'Hokusai, cerisers en fleurs

Furuyama Moroshige Banquet sous les cerisiers en fleurs, début 18e musée Idemitsu

Furuyama Moroshige Banquet sous les cerisiers en fleurs, début 18e musée Idemitsu

On connait la fameuse toile de Van Gogh, reproduite à partir de l’estampe d’Hiroshige, sur… la floraison des pruniers (ume)! Car les cerisiers ne sont pas les seules vedettes, on fête aussi au Japon la floraison des pruniers, plus discrète, qui survient plus tôt dans l’année (fin février-début mars).

Van Gogh, très influencé par l'art japonais, reproduit une célèbre estampe d'Hiroshige

Van Gogh, très influencé par l'art japonais, reproduit une célèbre estampe d'Hiroshige

Sakura, on la retrouve aussi bien sur dans les manga, avec l’héroïne du même nom, Sakura la chasseuse de cartes.

Une fleur aussi adulée, c’est donc aussi un concept marketing et un nom commercial intéressant, repris par des multiples entreprises: il y a les locations d’appartements SAKURA, les traductions SAKURA, le matériel de pêche SAKURA…

L’agence météorologique japonaise (JMA) annonce tous les ans les dates de floraison des cerisiers. C’est une “ligne de front” qui progresse pendant environ un mois du sud (Okinawa) au nord du pays (Hokkaido), entre fin mars et le mois avril. Oui mais voilà, ces dernières années, changement climatique oblige, les cerisiers sont un peu trop pressés et fleurissent un peu plus tôt qu’avant. Cette année, la saison des cerisiers en fleurs a été officiellement ouverte à Tokyo le 21 mars, soit cinq jours d’avance sur la date prévue, et une semaine d’avance par rapport à la moyenne des trente dernières années du 20e siècle, explique une dépêche AFP. Un problème pour l’agence météo, très suivie par les Japonais qui prévoient leurs pique-niques en fonction de ses prévisions. Il fallait aux amoureux des cerisiers être plus rapides cette année pour sortir les appareils photos et mitrailler les premiers bourgeons.



Les suicidés des falaises de Tojinbo ont la cote dans les médias français
29 mars 2009, 22:59
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Film japonais sorti en 2003

Film japonais sorti en 2003

Le Japon est à l’ordre du jour du JT de Laurent Delahousse ce dimanche soir. Entre un sujet sur un scandale éclaboussant le mari d’une ministre britannique et un autre sur une “heure sans courant” pour la planète, le présentateur lance un reportage sur les falaises de Tojinbo, “tristement connues pour attirer les désespérés, les candidats au suicide” (dixit L. Delahousse).

Ces falaises sont décidément à la mode. Le même jour, le Journal du Dimanche évoque aussi cet endroit, dans un article de Karen Lajon sur la crise économique et les sans-abris dans l’archipel. La journaliste y rappelle que “257 personnes se sont jetées dans le vide (ces dernières années). Un “score” qui place l’endroit juste devant le Golden Gate Bridge, à San Fransisco, haut lieu des jumpers candidats au suicide aux Etats-Unis”.

Après une petite recherche sur Internet, nouvelle trouvaille: un reportage sur France24 daté du même jour, sur… les falaises de Tojinbo ! “Un décor de rêve au bord de la mer du Japon, mais un endroit en réalité tristement célèbre devenu un haut-lieu du suicide” raconte la journaliste Nathalie Tourret pour ouvrir son reportage.

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Comme un bateau qui sombre
29 mars 2009, 18:33
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Tokyo Sonata

Tokyo Sonata, Kiyoshi Kurosawa

La famille Sasaki est une famille japonaise ordinaire. Une petite maison à Tokyo, deux fils, une mère au foyer, un père directeur administratif : le bateau familial vogue à un rythme de croisière. Mais avec des brèches dans la cale.

Premier basculement : le licenciement du père de famille, qui voit son monde s’effondrer du jour au lendemain. Réduit à errer toute la journée, à la recherche désespérée d’un emploi, il ne lui reste de son ancien statut que son costume de salaryman qu’il continue à porter tous les jours.  Car il faut faire comme si de rien n’était, donner le change. Il n’a rien dit à sa femme, comme son camarade de lycée Kurosu, rencontré par hasard un midi à la soupe populaire, au chômage depuis 3 mois.

Il y a un côté comique à voir ces salarymen, impeccables dans leurs costumes-cravates, l’ordinateur portable en bandoulière, autrefois si affairés, traîner toute la journée dans des terrains vagues au milieu de vieillards et sans-abris. Ou à entendre Kurosu expliquer qu’il a programmé son téléphone portable pour qu’il sonne cinq fois par jour. Pour mieux s’inventer des responsabilités qu’il n’a plus. Sasaki lui-même, la démarche hésitante, les épaules rentrées et le regard affolé, fait sourire. Faut-il rire ? pleurer ? Kiyoshi Kurosawa joue sur cette ambiguïté. On rit, oui, mais on rit jaune.

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The Watanabes, des Gaijins poussent la chansonnette au Japon
27 mars 2009, 21:09
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The Watanabes

Ils sont Anglais, New-zélandais, Belge et maintenant Suédois… ils se sont connus à l’autre bout du monde. Leur point commun? Leur amour pour le Japon, et la musique. Ils forment le groupe folk-rock The Watanabes, et tentent de percer au pays de la J-Pop. Une expérience hors norme pour ces musiciens installés aujourd’hui à Tokyo. Duncan Walsh, le chanteur britannique du groupe, répond à mes questions pour Perles du Japon.

Comment est né le groupe The Watanabes ?

Nous avons formé notre groupe alors que nous habitions la campagne japonaise. Ash (ndlr, Ashley Davies, à la basse) et moi, on enseignait l’anglais au sein du programme JET (ndlr, un programme des collectivités territoriales japonaises qui invitent des jeunes de pays étrangers dans le but d’améliorer la connaissance mutuelle entre le Japon et le reste du monde). Nous habitions au cœur de la campagne japonaise. Avec plein de temps libre et pas grand chose à faire ! Le groupe a pris rapidement beaucoup d’importance pour nous. Mais faire de la musique au Japon a toujours fait partie de notre plan. Mon frère et moi, on faisait partie d’un groupe en Angleterre, on a rapidement compris que là-bas nous n’étions qu’un groupe britannique parmi d’autres, alors qu’à l’étranger nous pouvions devenir un peu plus uniques.

Qui sont les membres du groupe ? Où les as tu rencontré ?

Ashley vient de Nouvelle-Zélande, nous nous sommes rencontrés dans la région d’Ehime (ndlr, sur l’île de Shikoku). Flavio vient de Belgique, il nous a rejoint après notre départ pour Tokyo. Pour ce qui est de Selwyn, j’ai eu le regret de le connaître depuis ma naissance : il est mon frère aîné. Nous avons aussi un nouveau joueur de synthé. Son nom est Stefan, il donne au groupe une couleur scandinave, il est Suèdois. (Nous avons toujours été des grands fans d’ABBA !).

Pourquoi le nom “The Watanabes”?

Arghhh! C’est bizarrement une question difficile. Il y a plusieurs raisons, je suppose que la principale est la suivante : le groupe s’est formé dans la préfecture d’Ehime, très belle région rurale du Japon, où vivent peu – très peu – d’étrangers. Dans une ville de 20.000 habitants, j’étais LE résident gaijin (ndlr, “étranger” en japonais ). Ehime est une région très accueillante et chaleureuse au Japon, et nous nous sommes rapidement attachés à ses habitants– qui sont nombreux à porter le nom de famille « Watanabe ». Nous appeler The Watanabes était à la fois un moyen de nous intégrer avec les locaux, et de leur témoigner notre amitié!

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The Watanabes “Ikebana with Kana”, Live at Kinoto (Shibuya)
27 mars 2009, 21:07
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Totto-chan ou l’enfance rêvée
4 mars 2009, 23:26
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totto-chan

Totto-chan est une petite fille très vive. Mais aussi désobéissante. La fillette passe son temps à la fenêtre pour y voir passer les musiciens de rues. Incapable de suivre les règles de son école, elle en est renvoyée dès les premières pages du livre. Une quasi-catastrophe dans les moeurs japonaises.

Totto-chan est alors inscrite dans une nouvelle école bien peu conventionnelle, l’école Tomoé: des anciens wagons disposés dans la cour d’école font office de salles de classe, chaque élève étudie les leçons à son rythme,  selon l’ordre qu’il choisit. Au programme l’après-midi: ballades et visites. Les enfants sont autorisés à parler pendant les repas, à courir partout et grimper aux arbres… Totto-chan y apprend à être elle-même, à aimer l’école, et le cancre devient une élève modèle.

Le ton est enfantin, naïf, très facile à lire. Tetsuko Kuroyanagi raconte les aventures de la petite fille à la troisième personne, mais c’est bien d’elle-même, devenue vedette de la télévision japonaise, qu’il s’agit. Tetsuko Huronayagi (dont Totto-chan est le diminutif) décrit dans cette autobiographie comment ces deux années passées à l’école Tomoé ont changé sa vie.

La fillette est heureuse alors qu’autour d’elle, le Japon nationaliste s’arme et se prépare à la guerre. Le récit de son enfance dorée à l’école Tomoé se déroule au début des années 40,  période sombre de l’histoire de l’archipel. Détruite par les bombardements en 1945, l’école ne sera plus jamais reconstruite. Un supermarché  est sorti de terre dans l’ancienne cour de l’école, où jadis étaient entreposés les fameux wagons/salles de classe.  Avec Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, Tetsuko Kuroyanagi fait sortir de l’oubli cette école si différente des autres et rend un bel hommage à son directeur adoré anti-conformiste, M. Kobayashi.

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, Tetsuko Kuroyanagi, traduction d’Olivier Magnani, 1981, Presses de la Renaissance, 279 pages.



Démission du ministre des finances japonais soupçonné d’ivresse
20 février 2009, 01:36
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On se souvient d’une conférence de presse donnée par Nicolas Sarkozy en juin 2007, à l’issue d’une rencontre avec Vladimir Poutine pendant le G8.  Nicolas Sarkozy y était de fort bonne humeur – trop bonne selon certains, qui y ont vu l’effet de quelques verres de trop…  Mais hormis un gros buzz sur Internet, l’affaire s’en était arrêtée là.  Nicolas Sarkozy n’était  “pas éméché mais plutôt essoufflé, pas préparé, hoquetant (un problème de digestion?)” résume alors un journaliste de Libération (lire l’article). Le soufflé était vite retombé, et la vidéo  (presque) oubliée.

Pour Shoichi Nakagawa, le ministre des finances japonais, l’histoire n’est pas la même. Soupçonné d’ivresse lors d’une conférence donnée à Rome lors du G7 samedi dernier, l’ensemble de la classe politique, l’opposition comme son parti, le Parti Libéral Démocrate au pouvoir, avait réclamé sa démission. Nakagawa a annoncé sa démission mardi.

Voici la vidéo qui a fait les choux gras de la presse japonaise. Le ministre semble rencontrer des difficultés à rester éveillé.

L’homme politique japonais démissionne mais dément avoir été ivre. Il explique son état par le décalage horaire et un excès de médicaments anti-grippaux, ainsi que le rapporte The Japan Times. Nakagawa a cependant admis avoir bu “une gorgée de vin” lors du déjeuner précédent la conférence. Le ministre n’en était pas à sa première incartade, poursuit le journal japonais, rappelant qu’il s’était trompé à 26 reprises pendant la lecture d’un discours à la diète fin janvier.

Nakagawa était connu pour avoir des problème d’alcool, peut-on lire dans la presse japonaise. Taro Aso, le premier ministre japonais,  a reconnu avoir  eu connaissance de ces problèmes dans le passé: il s’est officiellement excusé jeudi devant la diète pour la conduite de Nakagawa, qu’il a nommé dans son gouvernement. (lire l’article du Japan Times).



Madame Butterfly embastillée
15 février 2009, 22:59
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Madame Butterfly

Nagasaki, début du XXe siècle. Le Japon s’est ouvert depuis peu au monde extérieur, et les navires étrangers sont autorisés à mouiller dans les ports de l’archipel de l’ère Meiji. L’officier américain Pinkerton débarque sur les terres japonaises. Insouciant, il décide de prendre pour femme une jeune Japonaise de 15 ans, la belle geisha connue sous le nom de Madame Butterfly.

La « tragédie japonaise » de Puccini raconte la rencontre entre deux mondes. Mais plus qu’une histoire d’amour, c’est l’histoire d’un terrible malentendu: si l’Américain ne voit en ce mariage qu’un contrat qu’il peut rompre aisément, la Japonaise se considère comme liée à lui jusqu’à la mort. Par amour, la belle renonce au culte de ses ancêtres, qui la renient en retour. Les deux tourtereaux roucoulent, habillés de blanc. “Je suis la femme la plus heureuse du Japon“, répète à l’envi la Butterfly. Fin du premier acte.

Au lever de rideau inaugurant le deuxième acte, changement de ton: Madame Butterfly est habillée de noir. Secondée de sa fidèle Suzuki, elle chante son amour pour le bel officier aujourd’hui parti vers de nouvelles contrées. Depuis trois ans, l’ancienne geisha attend, scrute l’horizon pour y guetter le navire qui lui ramènera son Pinkerton. Elle s’entête, renvoie ses soupirants, espère toujours. En vain.

Dès les premières notes de l’opéra, nulle illusion ne berce le spectateur. Pinkerton l’annonce d’emblée, il veut épouser une femme américaine, ses amours avec Butterfly ne dureront qu’un printemps, le temps de son passage dans l’archipel. C’est la force de cette tragédie où l’on assiste impuissant aux malheurs de la Butterfly, qui s’obstine aveuglément à attendre son amant.

Ce dernier revient, finalement. Mais accompagné d’une Américaine. Le couple réclame l’enfant de la Butterfly, fruit de l’union avec Pinkerton, “pour lui assurer un avenir“.

Tout cela finit forcément mal: “Celui qui ne peut pas vivre dans l’honneur meurt dans l’honneur“. Une fin très japonaise, avec un seppuku (qu’on appelle “hara kiri” chez nous).  Après des adieux déchirants à son fils, Madame Butterfly se tranche la jugulaire avec un sabre dans une époustouflante scène finale.

Dans l’ombre de Mme Butterfly se profile la Madame Chrysanthème de Pierre Loti: l’intrigue se passe toujours à Nagasaki à l’aube du XXe siècle.  Pierre Loti raconte son arrivée au Japon à bord d’un navire français, le “contrat” passé par lequel il épouse une jeune Japonaise, histoire d’avoir de la compagnie. Le marin repart quelques mois plus tard. Mais la Butterfly et la Chrysanthème n’ont pas grand chose d’autre en commun: il n’y a nul amour entre Loti et Chrysantème, ni seppuku final. Juste un livre à succès, source d’inspiration pour la nouvelle de John Luther Long et la pièce de théâtre de David Belasco, qui elle-même inspira Puccini.

La mise en scène signée Bob Wilson est très sobre, selon l’esthétique japonaise: très peu de décors et très peu d’objets, tout est suggéré, des tasses de thés jusqu’au sabre mortel. Les interprètes se déplacent mécaniquement, raides dans leurs kimonos. Et puis, il y a le fameux « Un bel di, vedremo » magnifiquement interprété par Adina Nitescu. Une très belle soirée.

Madame Butterfly, Giacomo Puccini (1904), Opéra Bastille, dernière le 4 mars 2009.

Madame Chrysanthème, Pierre Loti




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