Au Japon, on ne rigole pas avec les fumeurs de cannabis. Surtout quand ces derniers sont des sumotoris, ces héros nationaux considérés comme des modèles de vertu.
C’est ce qu’a appris à ses dépens Wakakirin, sumotori japonais de 25 ans: arrêté vendredi à Tokyo pour détention de cannabis, sa carrière est gravement compromise. Ce n’est pas la première fois qu’un tel scandale éclate dans le milieu des lutteurs: en août dernier, Wakanoho, sumotori russe très prometteur, avait été exclu à vie de la compétition, à cause de cigarettes de cannabis retrouvées dans ses effets personnels. Une première au Japon qui avait suscité l’émoi.
Le sort de Wakakirin, ainsi que celui de son maître d’écurie Oguruma, repose désormais entre les mains du président de l’Association japonaise de sumo, Mr. Musashigawa.
Lire l”article duJapan Times

Wakahono, exclu à vie de la compétition en août 2008
Petage de plombs au Japon

Rei Hayakawa est malheureuse. Mais pas du genre à déprimer dans un coin et à consulter un psy : Rei excelle dans l’autodestruction. Portée sur la bouteille, la jeune femme vomit allègrement dans la cuvette des toilettes. Et entend des voix qui sèment la zizanie dans sa tête. Rien à voir avec le bonheur et le glamour vendus dans les pages en papier glacé du magazine féminin où elle travaille.
Vibrations raconte la folie douce-amère d’une jeune paumée en décalage avec une société où l’apparence occupe une place si importante. Une histoire qui résonne particulièrement alors que le Japon connaît quand paraît le roman (en 1999) une explosion de la violence chez les adolescents. Des faits divers marquent les esprits, comme celui de Kobe où, en 1997, un jeune garçon de 14 ans assassine deux fillettes puis décapite un garçon de 11 ans. C’est d’ailleurs une histoire que doit couvrir Rei pour son magazine. La journaliste fait partie de cette jeunesse déréglée qui inquiète le Japon. Mais si Rei nourrit une fascination pour les couteaux depuis l’adolescence, tuer n’est pas son truc :
” Je suis plutôt du côté de ceux qui n’ont pas envie de faire du mal aux autres, je n’ai pas envie de les assassiner. Mais comme ça revient à reconnaître mon incapacité et ma faiblesse, je me suis remise à boire pour oublier ça”.
Vibrations, c’est aussi une histoire d’amour improbable entre une boulimique tokyoïte et un routier/ex-yakuza, avec pour toile de fond les routes enneigées du nord du Japon. C’est lors de ce voyage à bord d’une cabine de camion, en compagnie de cet homme solitaire et tendre, que Rei apprend à oublier la cacophonie des voix qui règne dans sa tête.
Mari Akasaki nous fait entrer dans la tête de la jeune femme torturée grâce à son style incisif et heurté. Vibrations est un roman réussi qui dresse habilement, à partir du personnage de Rei, le portrait d’une jeunesse japonaise asphyxiée dans une société très policée. Prête à exploser, comme la soupape d’une cocotte-minute.
Vibrations, Mari Akasaka, tradution de Corinne Atlan, Editions Philippe Picquier, 2003, 14 euros, 134 pages.
“Un chef amoureux au Japon: 7 malades”, d’après B. Labasse
Sept personnes sont tombées malades – dont l’une de façon critique – après avoir mangé lundi dans un restaurant du fugu, ce fameux poisson plus connu pour sa toxine mortelle que pour le goût de sa chair.
Le chef du restaurant de sushis de Tsuruoka, dans la préfecture de Yamagata (centre), était peut-être amoureux ou tout simplement étourdi… Il ne détenait en tout cas pas de permis l’autorisant à servir du fugu à ses clients, rapporte le Japan Times. La police met en cause de possibles négligences dans la préparation du mets.
Car la découpe du poisson est essentielle: si la chair du fugu n’est pas dangereuse en elle-même, son intestin et son foie contiennent une toxine – appelée tétrodotoxine – dont l’ingestion provoque chez l’homme la paralysie des systèmes respiratoires et nerveux. Le fugu n’est pas interdit au Japon, où il est très apprécié, mais sa consommation très surveillée: l’Etat délivre ainsi des permis autorisant les restaurants à en servir à leurs clients.

Assiette de "fugu"

Fugu ou poisson-globe
Cliquez ici pour lire l’article du Japan Times
Souvenez-vous quand Homer mange du “fugu” dans l’épisode One Fish, Two Fish, Blowfish, Blue Fish (Un poison nommé Fugu).


Quand Homer découvre le fugu
Et pour la route, moins dangereux que le fugu, et en plus sympa pour les oreilles, voici Fugu (Medhi Zannad). Découvrez Fugu!’ >”Blackwall”.
Au restaurant japonais, vous vous êtes sans doute déjà retrouvés nez-à-nez avec un assortiment de sushis. Regard perplexe. Par où commencer? Avec ou sans les doigts? Que faire de la sauce soja? Qu’est-ce que ce truc vert qui pique?
Tant de questions existentielles… Heureusement, une gentille dame en bleu répond à toutes ces interrogations dans cette gentille vidéo trouvée sur un site hallucinant: “Life Explained On Film”! Dans la rubrique “Modern Manners”, on apprend donc “How to eat sushi”…
Cliquez ici pour ENFIN savoir comment manger des sushis
On peut apprendre sur le même site comment “descendre gracieusement d’une voiture sans montrer sa culotte”, nouer une cravate ou encore “plier un t-shirt en deux secondes”… Les bases de la vie quoi.
Voici une seconde vidéo, très drôle, qui aurait très pu s’inspirer de la première vidéo… A prendre au trentième degré! Le film se moque des caricatures souvent faites sur les règles de la société japonaise – qui sont certes nombreuses, mais pas à ce point… Qui a dit que les Japonais n’avaient pas d’humour?
Le franponais, c’est une nouvelle langue inventée et réinventée chaque jour par les Japonais grâce à quelques emprunts à notre langue: marques, noms de boutiques, de restaurants, on trouve du franponais à chaque coin de rue…C’est un concept marketing à la mode .
Quelques exemples à Tokyo:

Restaurant à Tokyo
Bon vivant? Buveur? On dit “bon viveur” en franponais! sooo chic!

Publicité pour un salon de beauté à Ueno, Tokyo
Claude Monet, votre nouveau salon de coiffure! Fallait y penser.
Pour s’amuser, voir un florilège de franponais sur ce site hilarant.

Akio Toyoda, futur PDG de Toyota

Akio Toyoda, futur PDG de Toyota
Les récents déboires de Toyota dans la tourmente de la crise économique forcent le changement dans l’organisation du groupe. Akio Toyoda, petit-fils du fondateur, remplacera l’actuel PDG, Katsuaki Watanabe en juin, a annoncé aujourd’hui le premmier groupe automobile mondial. Voir l’article du Yomiuri Shimbun.
« Une nomination perçue comme un moyen de souder l’entreprise autour d’un symbole fort face à l’adversité » a commenté l’Agence France Presse (cliquer ici pour consulter la dépêche de l’AFP)
Filed under: Insolites
Aux ardoises et autres cartes des menus traditionnellement affichées à l’entrée des restaurants en France, les Japonais préfèrent le plastique ! Très souvent, des copies des différents plats proposés par le restaurant sont ainsi présentées en vitrine. Parfois plus vraies que nature, souvent pas très ragoutantes, ces reproductions sont toujours très pratiques pour les touristes !

Crêpes (prononcer Ku-lé-pou en japonais) en plastique en présentation dans une vitrine d'un quartier touristique à Kyoto
Filed under: Actualités

Discours d'Obama, vendu 1050 yen (environ 9 euros)
Les Japonais apprennent l’anglais avec Obama. En ce jour d’inauguration de la présidence du nouveau président américain, Yoko Kubota, journaliste pour l’agende de presse Reuters, raconte le succès rencontré par les discours d’Obama dans l’archipel. Un recueil de ses discours, édité par Asahi Press, s’est ainsi vendu à 400.000 exemplaires en deux mois. “Un gros succès de librairie dans un pays où peu de best-sellers dépassent la barre du million d’exemplaires vendus sur un an” souligne la journaliste japonaise.
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Filed under: Culture
“Il sait pincer le cœur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. L’éclosion spontanée d’une fleur de sens“.
Voici comment Corinne Atlan et Zéno Bianu décrivent le haiku dans leur Anthologie du poème court japonais parue chez Gallimard.
C’est dans sa brièveté que le haiku puise sa force. Art de l’ellipse, le poème ne doit pas en théorie être plus long qu’une respiration. Ses règles sont strictes: il doit se composer de trois phrases de 5, 7 et 5 syllabes – soit une seule phrase en japonais.
Selon Bashô Matsuo, un des plus grands poètes de la période Edo (1600-11868), le poème doit révéler en même temps “l’immuable, l’éternité qui nous déborde (fueki) et le fugitif, l’éphémère qui nous traverse (ryûko)“.
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