Perles du Japon


Démission du ministre des finances japonais soupçonné d’ivresse
20 février 2009, 01:36
Filed under: Actualités

On se souvient d’une conférence de presse donnée par Nicolas Sarkozy en juin 2007, à l’issue d’une rencontre avec Vladimir Poutine pendant le G8.  Nicolas Sarkozy y était de fort bonne humeur – trop bonne selon certains, qui y ont vu l’effet de quelques verres de trop…  Mais hormis un gros buzz sur Internet, l’affaire s’en était arrêtée là.  Nicolas Sarkozy n’était  “pas éméché mais plutôt essoufflé, pas préparé, hoquetant (un problème de digestion?)” résume alors un journaliste de Libération (lire l’article). Le soufflé était vite retombé, et la vidéo  (presque) oubliée.

Pour Shoichi Nakagawa, le ministre des finances japonais, l’histoire n’est pas la même. Soupçonné d’ivresse lors d’une conférence donnée à Rome lors du G7 samedi dernier, l’ensemble de la classe politique, l’opposition comme son parti, le Parti Libéral Démocrate au pouvoir, avait réclamé sa démission. Nakagawa a annoncé sa démission mardi.

Voici la vidéo qui a fait les choux gras de la presse japonaise. Le ministre semble rencontrer des difficultés à rester éveillé.

L’homme politique japonais démissionne mais dément avoir été ivre. Il explique son état par le décalage horaire et un excès de médicaments anti-grippaux, ainsi que le rapporte The Japan Times. Nakagawa a cependant admis avoir bu “une gorgée de vin” lors du déjeuner précédent la conférence. Le ministre n’en était pas à sa première incartade, poursuit le journal japonais, rappelant qu’il s’était trompé à 26 reprises pendant la lecture d’un discours à la diète fin janvier.

Nakagawa était connu pour avoir des problème d’alcool, peut-on lire dans la presse japonaise. Taro Aso, le premier ministre japonais,  a reconnu avoir  eu connaissance de ces problèmes dans le passé: il s’est officiellement excusé jeudi devant la diète pour la conduite de Nakagawa, qu’il a nommé dans son gouvernement. (lire l’article du Japan Times).



Madame Butterfly embastillée
15 février 2009, 22:59
Filed under: Culture | Tags:

Madame Butterfly

Nagasaki, début du XXe siècle. Le Japon s’est ouvert depuis peu au monde extérieur, et les navires étrangers sont autorisés à mouiller dans les ports de l’archipel de l’ère Meiji. L’officier américain Pinkerton débarque sur les terres japonaises. Insouciant, il décide de prendre pour femme une jeune Japonaise de 15 ans, la belle geisha connue sous le nom de Madame Butterfly.

La « tragédie japonaise » de Puccini raconte la rencontre entre deux mondes. Mais plus qu’une histoire d’amour, c’est l’histoire d’un terrible malentendu: si l’Américain ne voit en ce mariage qu’un contrat qu’il peut rompre aisément, la Japonaise se considère comme liée à lui jusqu’à la mort. Par amour, la belle renonce au culte de ses ancêtres, qui la renient en retour. Les deux tourtereaux roucoulent, habillés de blanc. “Je suis la femme la plus heureuse du Japon“, répète à l’envi la Butterfly. Fin du premier acte.

Au lever de rideau inaugurant le deuxième acte, changement de ton: Madame Butterfly est habillée de noir. Secondée de sa fidèle Suzuki, elle chante son amour pour le bel officier aujourd’hui parti vers de nouvelles contrées. Depuis trois ans, l’ancienne geisha attend, scrute l’horizon pour y guetter le navire qui lui ramènera son Pinkerton. Elle s’entête, renvoie ses soupirants, espère toujours. En vain.

Dès les premières notes de l’opéra, nulle illusion ne berce le spectateur. Pinkerton l’annonce d’emblée, il veut épouser une femme américaine, ses amours avec Butterfly ne dureront qu’un printemps, le temps de son passage dans l’archipel. C’est la force de cette tragédie où l’on assiste impuissant aux malheurs de la Butterfly, qui s’obstine aveuglément à attendre son amant.

Ce dernier revient, finalement. Mais accompagné d’une Américaine. Le couple réclame l’enfant de la Butterfly, fruit de l’union avec Pinkerton, “pour lui assurer un avenir“.

Tout cela finit forcément mal: “Celui qui ne peut pas vivre dans l’honneur meurt dans l’honneur“. Une fin très japonaise, avec un seppuku (qu’on appelle “hara kiri” chez nous).  Après des adieux déchirants à son fils, Madame Butterfly se tranche la jugulaire avec un sabre dans une époustouflante scène finale.

Dans l’ombre de Mme Butterfly se profile la Madame Chrysanthème de Pierre Loti: l’intrigue se passe toujours à Nagasaki à l’aube du XXe siècle.  Pierre Loti raconte son arrivée au Japon à bord d’un navire français, le “contrat” passé par lequel il épouse une jeune Japonaise, histoire d’avoir de la compagnie. Le marin repart quelques mois plus tard. Mais la Butterfly et la Chrysanthème n’ont pas grand chose d’autre en commun: il n’y a nul amour entre Loti et Chrysantème, ni seppuku final. Juste un livre à succès, source d’inspiration pour la nouvelle de John Luther Long et la pièce de théâtre de David Belasco, qui elle-même inspira Puccini.

La mise en scène signée Bob Wilson est très sobre, selon l’esthétique japonaise: très peu de décors et très peu d’objets, tout est suggéré, des tasses de thés jusqu’au sabre mortel. Les interprètes se déplacent mécaniquement, raides dans leurs kimonos. Et puis, il y a le fameux « Un bel di, vedremo » magnifiquement interprété par Adina Nitescu. Une très belle soirée.

Madame Butterfly, Giacomo Puccini (1904), Opéra Bastille, dernière le 4 mars 2009.

Madame Chrysanthème, Pierre Loti



Okuribito: le film qui représentera le Japon à Hollywood
13 février 2009, 14:04
Filed under: Culture | Tags: , , ,

Un jeune violoncelliste au chômage se retrouve par erreur employé des pompes funèbes: préparer les corps des défunts devient son quotidien. Voici la trame du film du Japonais Yojiro Takita, qui va représenter le Japon aux Oscars cette année. Okuribito (Departures en anglais), sorti dans les salles japonaises en septembre n’a pas encore fait son apparition dans nos cinémas.

L’histoire s’inspire de la nouvelle de Shinmon Aoki Nokanfu Nikki (Journal d’un croque-mort). Le film a remporte le grand prix des Amériques au Festival de cinéma du monde de Montréal en septembre 2008. Lire la critique du Canadien Marc-André Lussier.

Voici la bande-annonce du film, en langue originale:

“Okuribito” de Yojiro Takita.



La Saint-Valentin des Japonais(es)
12 février 2009, 11:07
Filed under: Actualités | Tags: ,

Chocolat

Le jour de la Saint-Valentin au Japon,le chocolat bat les bouquets de fleurs à plate couture! Etrange dans un pays qui ne raffole pas du cacao…

Dans l’archipel, le 14 février, le jour de la Saint-Valentin (prononcé Barentin dai), les femmes achetent des chocolats pour leurs bien-aimés. Ces chocolats sont appelés “honmei choco” (本命チョコ).

Histoire de n’oublier personne, collègues de bureau et autres connaissances masculines reçoivent quant à eux des “giri choco” (義理チョコ), des “chocolats obligatoires”, de qualité plus ordinaire.

Ce n’est qu’un mois plus tard, soit le 14 mars – le “White Day”-  que ces messieurs offrent en retour des cadeaux.

Le chocolat n’est pas un mets traditionnellement dégusté au Japon, l’on en mange que depuis les années 50. L’apparition de cette tradition amoureuse chocolatée s’expliquerait par un “coup” marketing monté par une entreprise de chocolat. Un coup réussi!



La VERITE sur l’UNAGI
4 février 2009, 19:36
Filed under: Cuisine | Tags: ,

Commençons par rappeler ce qu’est l’UNAGI selon Ross (Friends dans “The one with Unagi”)

Et bien, au risque de briser un mythe… l’UNAGI n’est pas un concept d’art martial japonais.

Mais plutôt ça… (Phoebe avait raison):

Unagi, ou anguille

Unagi, ou anguille

… qui devient ça:

Unagi, une fois dans l'assiette

Unagi, une fois dans l'assiette



Le petit coin au Japon
3 février 2009, 22:55
Filed under: Insolites | Tags: , ,
Toilettes magiques multifonctions

Le washlet: toilettes magiques multifonctions

Les toilettes japonaises méritaient bien un billet… Il vous faut connaître TOTO!

TOTO est une méga star au Japon: cette compagnie a inventé le “washlet” (ウォシュレット prononcé Woshuretto), une quasi institution.

Grâce à TOTO, aller aux toilettes au Japon est une expérience rare et mémorable! Le washlet sait tout faire: jets d’eau variés, siège chauffant, séchage, ventilation anti-odeurs, chasse d’eau automatique… Autre astuce: un “faux” bruit de chasse d’eau qui peut être activé pour couvrir le bruit disgracieux abhorré des Japonaises (appelé joliment “le son de la princesse”!).

Attention, néophytes, quelques règles de base dans l’utilisation des washlets magiques:

- Ne pas appuyer sur tous les boutons en même temps, ni confondre les jets et la chasse d’eau (automatique dans la plupart des cas!), des mauvaises surprises vous guettent!

- Consommez les washlets avec modération! Des médecins japonais ont mis à jour ce qu’ils ont appelé le “Syndrome washlet”. Car le washlet, c’est addictif… Si ce syndrome vous intéresse, aller faire un tour sur ce blog.

Voilà pour les toilettes hi-tech…

Rassurez-vous, il existe aussi les toilettes japonaises plus traditionnelles, appelées washiki 和式, que l’on retrouve partout en Asie.

Washiki

Washiki

Elles s’utilisent dans le sens inverse (la partie arrondie doit être devant vous). D’où des confusions lorsque les Japonais ont affaire à “nos” toilettes. Pour preuve, voir cette photo prise dans une station-service japonaise…

comment utiliser des toilettes occidentales?

Panneau explicatif: comment utiliser des toilettes?

Pants Pankuro, un dessin-animé diffusé au Japon apprend aux petits Japonais à utiliser les toilettes. Dans cet épisode, découverte des washiki.

Si vous ne l’aviez pas déjà compris, les toilettes, au Japon, c’est sacré! On trouve des petits coins partout, dans chaque magasin, chaque station de métro… Il existe même une non-officielle “Journée nationale des toilettes” (le 10 novembre).

Mais cet intérêt pour les toilettes peut aussi tourner à l’angoisse: en cas de tremblement de terre, l’une des plus grosses peurs des Japonais n’est pas de manquer de nourriture mais d’être privé de toilettes! Les autorités se sont d’ailleurs penchées sur la question et sonnent l’alerte: 800.000 personnes n’auraient pas accès à des toilettes à Tokyo en cas de gros tremblement de terre! (Lire cet article sur le sujet).

Autre sujet d’inquiétude: être coincé dans un embouteillage avec une envie pressante… Pas de problème, les Japonais ont pensé à tout: la société Kaneko Sangyo a inventé des toilettes portables – vendus avec un rideau. OUF!



Ashita ga aru: histoire d’un classique du répertoire japonais
1 février 2009, 20:04
Filed under: Culture | Tags: ,

C’est un classique japonais, une chanson populaire connue, de celles qu’on fredonne à l’occasion. Un peu comme notre “Y a d’la joie” national. Sortie en 1963 dans l’archipel, “Ashita ga aru” chantée par Kyu Sakamoto, devient vite un tube.

“Ashita ga aru”  – qu’on pourrait traduire par  “Il y aura demain” – est une chanson résolument optimiste, et plutôt drôle.

C’est l’histoire d’un garçon qui tombe amoureux d’une collégienne qu’il croise tous les jours dans le métro… sans jamais oser lui parler.  Tous les jours, il cherche à l’aborder… avant d’abandonner.

Attention, l’air peut rapidement rester dans la tête… Voir la vidéo avec les sous-titres en anglais!

Aux Etats-Unis, “Ashita ga aru” devient “A Pack of Lies”, interprétée par Johny Cymbal. Si l”air est bien le même, Cymbal chante l’histoire d’un homme trompé par sa femme…

Au Japon, “Ashita ga aru” est reprise en 2001 par le groupe de rock japonais Ulful: le groupe conserve le refrain mais adapte les couplets au monde de l’entreprise japonaise d’aujourd’hui. Exit l’histoire d’amour inavoué des années 60. La nouvelle version parle des employés types japonais: les  “salarymen”. Voilà leur hymne!

Voici un clip de la nouvelle chanson version karaoke… (voir plus bas la traduction)

Il y aura toujours demain,  oui, demain arrivera

Je suis jeune, et j’ai des rêves

Un jour, j’en suis sûr, un jour, j’en suis sûr

Elle comprendra

Il y aura toujours demain (x3)

Y’en a qui créent leurs propres entreprises
Mais moi je suis resté dans la même entreprise

“Il ne faut pas être pressé”

me suis-je répété

Il y aura toujours demain (x3)

Mon nouveau chef est français

même le bodylanguage ne passe pas

c’est une occasion, c’est une occasion

pour le réétudier

Il y aura toujours demain (x3)

Un jour, je me suis dit

Pourquoi je fais des efforts?

Pour ma famille? pour moi-même?

La réponse est dans le vent

Il y aura toujours demain (x3)

Les personnes âgées disent souvent que les jeunes d’aujourd’hui font n’importe quoi

Ils sont en fait “moins pires” qu’à leur époque

Il ne faut pas être trop sévère avec eux

parce qu’ils ne savent pas utiliser les formules honorifiques correctement

Il y aura toujours demain (x3)

La chanson version remaniée est reprise dans des spots publicitaires comme celui-ci, pour Georgia, une marque de café.

Dans cette publicité: les comédiens d’une fiction diffusée à la télévision japonaise, également appelée “Ashita ga aru”! La série reprend le nom de la chanson des Ulful pour raconter les aventures de Hamada et Matsumoto, employés d’une compagnie à Osaka.




Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.