Perles du Japon


Les cerisiers pressés de fleurir cette année
30 mars 2009, 13:41
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Cerisiers en fleurs

C’est le printemps, les oiseaux chantent, les premiers rayons de soleil réchauffent les coeurs, et on tombe les écharpes – en attendant la chemise. Au Japon, c’est une période très attendue, celle des cerisiers en fleurs et de l’hanami.

L’hanami (花見), c’est la contemplation des fleurs (les kanjis hana – la fleur – et mi -regarder), activité affectionnée par les Japonais, qui célèbrent l’arrivée du printemps en allant pique-niquer en famille sous les cerisiers en fleurs.

Les cerisiers (sakura) sont des arbres très appréciés dans l’archipel, à tel point qu’on les trouve partout: dans les gâteaux (les sakura mochi), dans les publicités, sur les assiettes. kimonos… C’est aussi un prénom féminin assez répandu.

Les sakura, symboles de la beauté éphémère, ont inspiré peintres, musiciens et poètes japonais, et le haiku, poème court autour de l’écoulement du temps, s’est donc logiquement particulièrement approprié ce thème.

La chanson Sakura Sakura (ici reprise version J Pop), est une chanson traditionnelle initialement jouée à la flûte, très connue au Japon. Et puis, il y a bien sur les innombrables groupes de J Pop qui chantent les sakura.

Beaucoup d’estampes représentent la floraison des cerisiers.

Estampe d'Hokusai, cerisers en fleurs

Estampe d'Hokusai, cerisers en fleurs

Furuyama Moroshige Banquet sous les cerisiers en fleurs, début 18e musée Idemitsu

Furuyama Moroshige Banquet sous les cerisiers en fleurs, début 18e musée Idemitsu

On connait la fameuse toile de Van Gogh, reproduite à partir de l’estampe d’Hiroshige, sur… la floraison des pruniers (ume)! Car les cerisiers ne sont pas les seules vedettes, on fête aussi au Japon la floraison des pruniers, plus discrète, qui survient plus tôt dans l’année (fin février-début mars).

Van Gogh, très influencé par l'art japonais, reproduit une célèbre estampe d'Hiroshige

Van Gogh, très influencé par l'art japonais, reproduit une célèbre estampe d'Hiroshige

Sakura, on la retrouve aussi bien sur dans les manga, avec l’héroïne du même nom, Sakura la chasseuse de cartes.

Une fleur aussi adulée, c’est donc aussi un concept marketing et un nom commercial intéressant, repris par des multiples entreprises: il y a les locations d’appartements SAKURA, les traductions SAKURA, le matériel de pêche SAKURA…

L’agence météorologique japonaise (JMA) annonce tous les ans les dates de floraison des cerisiers. C’est une “ligne de front” qui progresse pendant environ un mois du sud (Okinawa) au nord du pays (Hokkaido), entre fin mars et le mois avril. Oui mais voilà, ces dernières années, changement climatique oblige, les cerisiers sont un peu trop pressés et fleurissent un peu plus tôt qu’avant. Cette année, la saison des cerisiers en fleurs a été officiellement ouverte à Tokyo le 21 mars, soit cinq jours d’avance sur la date prévue, et une semaine d’avance par rapport à la moyenne des trente dernières années du 20e siècle, explique une dépêche AFP. Un problème pour l’agence météo, très suivie par les Japonais qui prévoient leurs pique-niques en fonction de ses prévisions. Il fallait aux amoureux des cerisiers être plus rapides cette année pour sortir les appareils photos et mitrailler les premiers bourgeons.



Les suicidés des falaises de Tojinbo ont la cote dans les médias français
29 mars 2009, 22:59
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Film japonais sorti en 2003

Film japonais sorti en 2003

Le Japon est à l’ordre du jour du JT de Laurent Delahousse ce dimanche soir. Entre un sujet sur un scandale éclaboussant le mari d’une ministre britannique et un autre sur une “heure sans courant” pour la planète, le présentateur lance un reportage sur les falaises de Tojinbo, “tristement connues pour attirer les désespérés, les candidats au suicide” (dixit L. Delahousse).

Ces falaises sont décidément à la mode. Le même jour, le Journal du Dimanche évoque aussi cet endroit, dans un article de Karen Lajon sur la crise économique et les sans-abris dans l’archipel. La journaliste y rappelle que “257 personnes se sont jetées dans le vide (ces dernières années). Un “score” qui place l’endroit juste devant le Golden Gate Bridge, à San Fransisco, haut lieu des jumpers candidats au suicide aux Etats-Unis”.

Après une petite recherche sur Internet, nouvelle trouvaille: un reportage sur France24 daté du même jour, sur… les falaises de Tojinbo ! “Un décor de rêve au bord de la mer du Japon, mais un endroit en réalité tristement célèbre devenu un haut-lieu du suicide” raconte la journaliste Nathalie Tourret pour ouvrir son reportage.

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Comme un bateau qui sombre
29 mars 2009, 18:33
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Tokyo Sonata

Tokyo Sonata, Kiyoshi Kurosawa

La famille Sasaki est une famille japonaise ordinaire. Une petite maison à Tokyo, deux fils, une mère au foyer, un père directeur administratif : le bateau familial vogue à un rythme de croisière. Mais avec des brèches dans la cale.

Premier basculement : le licenciement du père de famille, qui voit son monde s’effondrer du jour au lendemain. Réduit à errer toute la journée, à la recherche désespérée d’un emploi, il ne lui reste de son ancien statut que son costume de salaryman qu’il continue à porter tous les jours.  Car il faut faire comme si de rien n’était, donner le change. Il n’a rien dit à sa femme, comme son camarade de lycée Kurosu, rencontré par hasard un midi à la soupe populaire, au chômage depuis 3 mois.

Il y a un côté comique à voir ces salarymen, impeccables dans leurs costumes-cravates, l’ordinateur portable en bandoulière, autrefois si affairés, traîner toute la journée dans des terrains vagues au milieu de vieillards et sans-abris. Ou à entendre Kurosu expliquer qu’il a programmé son téléphone portable pour qu’il sonne cinq fois par jour. Pour mieux s’inventer des responsabilités qu’il n’a plus. Sasaki lui-même, la démarche hésitante, les épaules rentrées et le regard affolé, fait sourire. Faut-il rire ? pleurer ? Kiyoshi Kurosawa joue sur cette ambiguïté. On rit, oui, mais on rit jaune.

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The Watanabes, des Gaijins poussent la chansonnette au Japon
27 mars 2009, 21:09
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The Watanabes

Ils sont Anglais, New-zélandais, Belge et maintenant Suédois… ils se sont connus à l’autre bout du monde. Leur point commun? Leur amour pour le Japon, et la musique. Ils forment le groupe folk-rock The Watanabes, et tentent de percer au pays de la J-Pop. Une expérience hors norme pour ces musiciens installés aujourd’hui à Tokyo. Duncan Walsh, le chanteur britannique du groupe, répond à mes questions pour Perles du Japon.

Comment est né le groupe The Watanabes ?

Nous avons formé notre groupe alors que nous habitions la campagne japonaise. Ash (ndlr, Ashley Davies, à la basse) et moi, on enseignait l’anglais au sein du programme JET (ndlr, un programme des collectivités territoriales japonaises qui invitent des jeunes de pays étrangers dans le but d’améliorer la connaissance mutuelle entre le Japon et le reste du monde). Nous habitions au cœur de la campagne japonaise. Avec plein de temps libre et pas grand chose à faire ! Le groupe a pris rapidement beaucoup d’importance pour nous. Mais faire de la musique au Japon a toujours fait partie de notre plan. Mon frère et moi, on faisait partie d’un groupe en Angleterre, on a rapidement compris que là-bas nous n’étions qu’un groupe britannique parmi d’autres, alors qu’à l’étranger nous pouvions devenir un peu plus uniques.

Qui sont les membres du groupe ? Où les as tu rencontré ?

Ashley vient de Nouvelle-Zélande, nous nous sommes rencontrés dans la région d’Ehime (ndlr, sur l’île de Shikoku). Flavio vient de Belgique, il nous a rejoint après notre départ pour Tokyo. Pour ce qui est de Selwyn, j’ai eu le regret de le connaître depuis ma naissance : il est mon frère aîné. Nous avons aussi un nouveau joueur de synthé. Son nom est Stefan, il donne au groupe une couleur scandinave, il est Suèdois. (Nous avons toujours été des grands fans d’ABBA !).

Pourquoi le nom “The Watanabes”?

Arghhh! C’est bizarrement une question difficile. Il y a plusieurs raisons, je suppose que la principale est la suivante : le groupe s’est formé dans la préfecture d’Ehime, très belle région rurale du Japon, où vivent peu – très peu – d’étrangers. Dans une ville de 20.000 habitants, j’étais LE résident gaijin (ndlr, “étranger” en japonais ). Ehime est une région très accueillante et chaleureuse au Japon, et nous nous sommes rapidement attachés à ses habitants– qui sont nombreux à porter le nom de famille « Watanabe ». Nous appeler The Watanabes était à la fois un moyen de nous intégrer avec les locaux, et de leur témoigner notre amitié!

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The Watanabes “Ikebana with Kana”, Live at Kinoto (Shibuya)
27 mars 2009, 21:07
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Totto-chan ou l’enfance rêvée
4 mars 2009, 23:26
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totto-chan

Totto-chan est une petite fille très vive. Mais aussi désobéissante. La fillette passe son temps à la fenêtre pour y voir passer les musiciens de rues. Incapable de suivre les règles de son école, elle en est renvoyée dès les premières pages du livre. Une quasi-catastrophe dans les moeurs japonaises.

Totto-chan est alors inscrite dans une nouvelle école bien peu conventionnelle, l’école Tomoé: des anciens wagons disposés dans la cour d’école font office de salles de classe, chaque élève étudie les leçons à son rythme,  selon l’ordre qu’il choisit. Au programme l’après-midi: ballades et visites. Les enfants sont autorisés à parler pendant les repas, à courir partout et grimper aux arbres… Totto-chan y apprend à être elle-même, à aimer l’école, et le cancre devient une élève modèle.

Le ton est enfantin, naïf, très facile à lire. Tetsuko Kuroyanagi raconte les aventures de la petite fille à la troisième personne, mais c’est bien d’elle-même, devenue vedette de la télévision japonaise, qu’il s’agit. Tetsuko Huronayagi (dont Totto-chan est le diminutif) décrit dans cette autobiographie comment ces deux années passées à l’école Tomoé ont changé sa vie.

La fillette est heureuse alors qu’autour d’elle, le Japon nationaliste s’arme et se prépare à la guerre. Le récit de son enfance dorée à l’école Tomoé se déroule au début des années 40,  période sombre de l’histoire de l’archipel. Détruite par les bombardements en 1945, l’école ne sera plus jamais reconstruite. Un supermarché  est sorti de terre dans l’ancienne cour de l’école, où jadis étaient entreposés les fameux wagons/salles de classe.  Avec Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, Tetsuko Kuroyanagi fait sortir de l’oubli cette école si différente des autres et rend un bel hommage à son directeur adoré anti-conformiste, M. Kobayashi.

Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, Tetsuko Kuroyanagi, traduction d’Olivier Magnani, 1981, Presses de la Renaissance, 279 pages.




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